Castres. Stress, fatigue, récupération : ils aident le personnel soignantConseils et astuces

Castres. Stress, fatigue, récupération : ils aident le personnel soignant


Hypnose, programmation neuro linguistique (pnl), sophrologie… Depuis la mise en place des mesures de restrictions de déplacement et de confinement de la population, des professionnels ont décidé de proposer gratuitement leurs services au personnel hospitalier, mobilisé dans cette lutte contre le Covid-19. Pour cela, ils ont créé une plateforme en ligne “hypnose-solidaire-covid.org”. Parmi ces professionnels, figure Jean Fabries, hypnopraticien et coach préparateur mental depuis 2017 sur Castres. Il nous explique cette démarche solidaire.

Comment s’est créée cette plateforme et quels sont ses objectifs ?

En tant que professionnel, je fais partie de certains groupes sur les réseaux sociaux, des groupes qui nous permettent de communiquer entre nous. Suite aux annonces de confinement, l’un de mes collègues a eu cette idée de créer la plateforme. Nous pratiquons l’hypnose, la pnl, la sophrologie, des disciplines qui sont très utiles pour gérer le stress, les peurs, le sommeil, la récupération, la concentration. Puisqu’on a des compétences et des savoir-faire, autant les mettre à disposition. On s’engage à accompagner, écouter et aider gratuitement, à distance (téléphone, Skype, Zoom, etc.) toute personne intervenant dans la chaîne des soignants.

Pourquoi avoir accepté de faire partie de cette plateforme ?

C’est une belle initiative. Une façon de pouvoir agir. Ça me fait penser à la légende du colibri de Pierre Rabhi : “Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : “Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !

Et le colibri lui répondit : “Je le sais, mais je fais ma part.” Et c’est un peu ça l’idée. Faire sa part. J’ai du temps, je suis confiné moi aussi. Et ce temps disponible, c’est important pour moi de le mettre à disposition et de pouvoir aider ce personnel soignant que l’on met actuellement sous pression.

Combien de professionnels ont adhéré à cette démarche ?

Je ne saurais pas vous dire, les inscriptions peuvent se faire tous les jours… Au début, lorsque je me suis inscrit, on était une dizaine. Là, il me semble que nous sommes plus de 50.

Cette initiative concerne uniquement le personnel soignant ?

À la base oui, elle a été créée pour ça. Après, je vous avoue que j’ai élargi cette idée car je considère que même une caissière peut avoir une certaine pression avec ce qu’il se passe actuellement et peut aussi bénéficier d’un tel accompagnement.

Quel type d’accompagnement proposez-vous ?

C’est variable, ça dépend de ce que les personnes amènent. Si c’est simplement pour retrouver un certain calme à la maison après avoir été sous pression toute la journée, je les aide à créer une bulle de confort, dans laquelle ils peuvent retrouver de l’énergie. Le but c’est de leur permettre de se détendre et de prendre soin d’eux. Pendant les séances, on peut travailler sur le stress émotionnel et sur les éventuelles angoisses générées par la situation actuelle. Et puis, on peut également travailler sur la notion d’échec. Je pense au personnel soignant dans le cas où ils font face au décès d’une personne qu’ils ont accompagnée. On les aide à gérer ça.

Combien de personnes avez-vous accompagnées jusque-là ?

À ce jour, cinq ou six personnes. À mon goût, ce n’est pas assez. Je ne sais pas si ça a été assez dit et communiqué et si les personnes osent faire cette démarche-là. Mais je peux comprendre que ce soit difficile, quand on ne connaît pas le professionnel, pour une première approche, c’est délicat. Il peut y avoir une certaine retenue.

Selon vous, quel(s) impact(s) psychologique(s), émotionnel(s) peut avoir le contexte actuel sur la population ?

Ma réponse va être celle d’un hypno et non d’un psychologue que je ne suis pas. Mais il y a des peurs qui existent pendant ce confinement et qui seront présentes après comme la peur d’aller travailler, la peur de perdre son travail ou celle de le reprendre, la peur de quoi sera fait demain mais aussi la peur pour sa santé. Nous ne maîtrisons ni la date de reprise ni comment celle-ci se fera. La peur, l’angoisse, l’incertitude, le stress font partie de notre quotidien, cela génère des états émotionnels qui peuvent provoquer différentes émotions qui s’expriment à travers le corps par des douleurs, la boule au ventre, la gorge serrée, mal au dos… Il faut y être vigilant.

Retrouvez la liste des professionnels : www.hypnose-solidaire-covid.org/